Faut-il encourager les quotas de femmes dans les conseils d’administration ?  

 
Etude sur les pratiques destinées à favoriser la mixité dans les entreprises

    Grandes Ecoles au Féminin (GEF) produit environ tous les 2 ans une étude destinée à éclairer la place des femmes dans les entreprises. Après avoir étudié la situation des femmes cadres dans les grandes entreprises françaises en 2003, puis le parcours professionnel des femmes cadres et enfin la vision croisée entre hommes et femmes des grandes écoles, GEF est revenu à un sujet sur les femmes dans l’entreprise.

   En 2009, le nombre et la fonction des femmes cadres ou cadres supérieures sont mieux connus. De plus, cette situation a peu évolué depuis 2003. GEF s’est donc intéressé aux mesures prises pour favoriser la mixité. 4 entreprises, La Poste, KPMG, Total et Vinci, ont sponsorisé cette étude qui a été réalisée par IPSOS sur la base d’une enquête qualitative auprès de 16 DRH et d’un questionnaire auto administré sur internet auprès des anciens élèves des grandes écoles (hommes et femmes).

   Les questions portaient d’abord sur la situation des femmes, son évolution et son importance pour les entreprises. Ensuite, 25 mesures destinées à améliorer la représentation des femmes au sein du management ont été testées sur d’une part leur efficacité et d’autre part leur facilité de mise en œuvre.

Un enjeu majeur pour le bénéfice de tous

   Les inégalités hommes-femmes sont communément admises aujourd’hui. Ainsi 80% de la population masculine interrogée pense qu’il existe effectivement une différence de traitement entre hommes et femmes pour accéder au top management. Depuis une dizaine d’années, peu d’évolution est constatée. Pourtant 79% des hommes jugent que le développement de la mixité dans le management est un enjeu important pour les entreprises.

   Malgré l’ensemble des mesures initiées pour améliorer la mixité, seules 7% des femmes interrogées affirment en avoir bénéficié au cours de leur carrière. Quand on les interroge sur l’avenir, 52% des femmes et des hommes estiment qu’il faudra vingt ans pour atteindre la parité. Ils sont même 25% à penser qu’il faudra 50 ans ou plus, ce qui représente deux générations. En bref, l’ensemble des initiatives mises en place jusqu’à aujourd’hui n’a été que « cosmétiques » et sans effets réels.

   Une politique volontariste est aujourd’hui nécessaire et approuvée à 63% par les interviewés. Sur les 25 mesures étudiées, 23 sont jugées efficaces et 16 faciles à mettre en œuvre.

   Enfin une question sur les quotas dans les conseils d’administration des grandes entreprises montre que 55% des personnes interrogées, dont 44% des hommes, y sont favorables.

Les conclusions de GEF

De cette enquête, GEF tire un plan d’action en 3 axes et 10 mesures :

Promouvoir activement les femmes
o Pour chaque poste ouvert en management, s’assurer de la présence de candidatures féminines et justifier s’il n’y en pas.
o Détecter les femmes à potentiel pour créer un vivier représentatif de l’entreprise.
o Mettre en place des formations spécifiques.
o Favoriser la création de réseaux.

• Changer les règles du jeu
o Faire évoluer les critères d’évaluation de la performance.
o Casser le modèle de carrière linéaire et faire évoluer les critères de mobilité géographique.
o Sensibiliser le management aux différences de comportements hommes-femmes et à l’intérêt pour l’entreprise d’une plus grande mixité.
o Développer toute pratique pour un meilleur équilibre vie professionnelle/ vie personnelle.

• Piloter et assurer le suivi des mesures mises en œuvre
o Mettre en place des objectifs quantitatifs à tout niveau.
o Intégrer ces critères dans l’évaluation des managers.


   Le changement dans la situation professionnelle des femmes viendra si les plans d’action sont portés par le top management et si toutes ses mesures sont mises en place. Elles sont d’ailleurs toutes issues de l’expérience des entreprises, mais les entreprises tendent aujourd’hui à picorer dans ces actions au lieu de mettre en place un plan cohérent.

   La question des quotas n’était qu’une des mesures testées par l’enquête. Alors que le questionnaire internet venait d’être lancé, l’Etat a demandé à Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, de lui remettre un rapport sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ses conclusions prônaient l’introduction de quotas de femmes dans les conseils d’administration. Fort de la réponse des anciens élèves à cette question, GEF s’est résolument prononcé en faveur de cette mesure.

La présentation de l’étude est disponible sur le site de GEF
http://www.grandesecolesaufeminin.fr/pdf/presentation_ipsos_gef.pdf